Pour leur première découverte du ballet, Aglaé, Sofia, Margot, Stéphanie, Romane et Matéis ont vécu une immersion exceptionnelle dans l’univers de La Bayadère.
« Wow… »
À la sortie de la salle, ce premier mot résumait à lui seul ce que venaient de vivre les six jeunes.
Pour les Étoiles, cette représentation de La Bayadère, mardi 14 juillet à l’Opéra Bastille, était une double première : aucun d’entre eux n’avait encore assisté à un ballet ni franchi les portes de cette grande maison.
Bien avant le lever de rideau, ils avaient pourtant déjà commencé à entrer dans l’univers de La Bayadère. Ils en connaissaient les personnages, les liens qui les unissaient, les promesses, les jalousies et les trahisons qui conduisent inexorablement le récit vers le drame : l’amour secret de Nikiya et Solor, leur serment prononcé devant la flamme sacrée, le mariage imposé avec Gamzatti, la jalousie du Grand Brahmane et le destin tragique vers lequel chacun allait être entraîné.
Cette préparation leur a donné des repères, sans rien retirer à la surprise. Elle leur a permis, au contraire, de suivre l’histoire avec une attention particulière, de comprendre chaque regard et de percevoir, derrière la virtuosité des mouvements, les passions et les sentiments exprimés par les personnages.

Au plus près de la scène
Accueillis à l’Opéra Bastille grâce à l’AROP, les six jeunes ont découvert le bonheur d’assister à un ballet dans des conditions exceptionnelles.
Merveilleusement placés, ils ont pu observer les expressions des danseurs, la précision de chaque mouvement, la délicatesse des gestes et la puissance des élans. Cette proximité leur donnait presque la sensation d’entrer dans l’histoire et de ressentir les émotions des personnages.
L’amour, la joie et l’espoir laissaient place à la jalousie, à la colère, à la peur, puis au désespoir. Sans qu’aucun mot ne soit prononcé, tout devenait immédiatement perceptible. Le talent des interprètes et le travail de l’ensemble des équipes artistiques et techniques donnaient à cet univers une intensité saisissante.
L’émerveillement se prolongeait dans la fosse d’orchestre où les musiciens et leur chef faisaient pleinement corps avec le ballet. La musique portait les danseurs, soutenait leurs élans et donnait au récit sa puissance. Elle pouvait devenir légère, tendre ou joyeuse, puis se charger soudain de tristesse, de tension ou de colère.
Voir naître cette union entre la fosse et la scène fut une découverte à part entière. Un geste du chef, une réponse de l’orchestre, un mouvement du Corps de Ballet : tout semblait respirer au même rythme.
Derrière cet éblouissement visuel et musical se déploie une histoire d’amour contrarié, de serments rompus, de rivalité et de vengeance. Dans une Inde rêvée par les créateurs européens du XIXe siècle, La Bayadère raconte l’amour impossible qui unit Nikiya, danseuse sacrée et gardienne du feu du temple, au guerrier Solor, promis par le Rajah à sa fille Gamzatti.
Une histoire gouvernée par les passions
Nikiya et Solor se sont juré un amour éternel devant la flamme sacrée. Mais le guerrier doit obéir au Rajah qui entend lui faire épouser sa fille Gamzatti. La jalousie du Grand Brahmane, lui-même amoureux de Nikiya, révèle leur liaison et précipite le drame.
Lors des fêtes données pour les fiançailles, Nikiya reçoit une corbeille de fleurs dans laquelle a été dissimulé un serpent. Mortellement mordue, elle refuse l’antidote qui pourrait la sauver lorsqu’elle voit Solor auprès de Gamzatti.
Accablé par sa disparition, Solor se réfugie dans les songes. Il y rejoint le Royaume des Ombres, où lui apparaît Nikiya, entourée des fantômes des bayadères disparues. Dans ce monde irréel, la jeune femme lui pardonne et les deux amants sont enfin réunis.
Le Royaume des Ombres
Mais c’est le Royaume des Ombres qui a complètement subjugué les six Étoiles.
Dans une longue procession, 32 danseuses vêtues de tutus blancs apparaissent successivement et répètent la même arabesque. La sobriété du décor, la lenteur des mouvements et la parfaite unité du Corps de Ballet contrastent avec le faste des actes précédents.
Le temps semble alors suspendu.
Cette succession de silhouettes blanches, descendant lentement vers la scène avant de se rejoindre, compose l’une des images les plus célèbres du répertoire classique. Pour nos jeunes, elle fut aussi l’une des plus saisissantes : un moment de silence, de pureté et de poésie.
L’oeuvre ultime de Rudolf Noureev
La version originale de La Bayadère fut créée en 1877 à Saint-Pétersbourg par Marius Petipa, sur une musique de Ludwig Minkus. Rudolf Noureev en proposa sa propre version en trois actes en 1992 pour le Ballet de l’Opéra de Paris.
Cette version fut son oeuvre ultime. C’est à l’occasion de sa création qu’il salua pour la dernière fois le public du Palais Garnier, sur cette même scène où il s’était révélé au public occidental en 1961.
Le faste, la puissance et la grâce
Dans cette production fastueuse, rien ne relève du simple ornement.
Les décors monumentaux d’Ezio Frigerio ouvrent successivement les portes du temple, du palais du Rajah et du monde irréel des Ombres. Les costumes conçus par Franca Squarciapino composent une profusion de matières, de couleurs et de détails, tandis que les lumières de Vinicio Cheli transforment profondément l’atmosphère d’un acte à l’autre.
La musique de Ludwig Minkus, adaptée et arrangée par John Lanchbery, était interprétée par l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, sous la direction musicale de Koen Kessels. L’ensemble des décors et des costumes de cette production a été développé par les ateliers de l’Opéra national de Paris.
L’éléphant monumental, l’Idole dorée, les danses de fête et les nombreuses scènes de groupe ont participé à cet émerveillement.
Des interprètes remarquables
Les jeunes ont été particulièrement sensibles à la puissance et à la grâce des danseuses et danseurs du Corps de Ballet.
Les grands ensembles leur ont permis de mesurer le travail collectif nécessaire pour faire naître une telle harmonie : des dizaines de danseurs évoluaient avec une précision remarquable tout en donnant l’impression d’un mouvement parfaitement naturel.
Lors de la représentation du 14 juillet, les principaux rôles étaient interprétés par Léonore Baulac dans celui de Nikiya, Guillaume Diop dans celui de Solor, Bianca Scudamore dans celui de Gamzatti, Lorenzo Lelli dans celui de l’Idole dorée, Yann Chailloux dans celui du Grand Brahmane et Florent Melac dans celui de l’Esclave.
Cette représentation avait une dimension particulière pour Yann Chailloux, Sujet au sein du Corps de Ballet, puisqu’elle marquait ses adieux à la scène.

© Yonathan Kellerman / OnP
La présence du Junior Ballet et des élèves de l’École de Danse de l’Opéra national de Paris a également retenu l’attention des jeunes. Leur participation aux côtés des artistes confirmés apportait une autre dimension au spectacle et témoignait de la transmission entre les générations de danseurs.
Guillaume Diop, une présence solaire
Dans le rôle de Solor, le danseur Étoile Guillaume Diop a fait l’unanimité auprès des jeunes. Sa puissance, la précision de ses mouvements et son rayonnement sur scène ont profondément marqué le groupe.
Les Étoiles ont découvert un interprète capable d’imposer une véritable force tout en conservant une grande élégance. Sa présence restait aussi éclatante dans les scènes collectives que dans les moments de solitude et de désespoir de son personnage.
Lien conseillé : Solor selon Guillaume Diop, entretien proposé par l’Opéra national de Paris

© Julien Benhamou
Une première qui continue de résonner
« Magnifique et impressionnant ! », « Quelle première pour moi ! », « Wow… Grandiose ! »
Les réactions ont continué bien après la sortie de l’Opéra Bastille. Sur le chemin du retour, certains parlaient encore des décors, des danseurs et des scènes qui les avaient marqués. D’autres restaient plus silencieux, encore plongés dans les images et les émotions du spectacle.
Cette journée de découverte a offert aux six jeunes une parenthèse bienvenue, une nouvelle respiration hors du quotidien. Elle a aussi éveillé quelque chose de plus durable : une curiosité nouvelle, l’envie de comprendre et, peut-être, de découvrir d’autres oeuvres.

Les Étoiles remercient chaleureusement l’Opéra national de Paris et l’AROP pour leur accueil et leur grande générosité, et tout particulièrement Julie Ferrand, responsable de projet événementiel, et Alexandre Labrot, chargé de projet événementiel, qui ont permis au groupe de vivre cette représentation dans des conditions exceptionnelles.
Un immense merci également à Céline-Alexandra Pavoine, l’une des fées des Étoiles, à l’origine de cette rencontre entre Les Étoiles et l’AROP.
Merci également à Estelle et Patrick qui ont accompagné nos six jeunes Étoiles.






