Samedi 4 avril, nous avons pris la route vers Aubérive dans la Marne, pour rejoindre la ferme Noizet, une exploitation familiale ancrée sur son territoire depuis 1965. Sur place, l’éleveur Virgil Noizet nous attendait pour nous offrir plusieurs sacs de laine de mouton en suint pour notre Forêt des Étoiles à Chenay. Un geste profondément cohérent avec l’esprit même de notre forêt : faire grandir un lieu de vie dans les meilleures conditions, en s’appuyant sur les forces vives qui l’entourent.
Le projet de « Forêts des Étoiles » est celui d’implanter une forêt près de chaque service d’oncologie pédiatrique en France, avec l’idée d’inviter un enfant touché par un cancer, à planter son arbre, de le lier à son arbre de vie ; un arbre qui deviendra son soutien, son confident, sa force de vie, et qui sera le précieux témoin de son existence, garant de sa mémoire. Plus d’informations
Protéger ce qui commence à grandir
Nos jeunes arbres, encore fragiles, demandent une attention constante. Au printemps, leurs bourgeons terminaux attirent notamment les chevreuils, friands de ces pousses tendres. La laine en suint constitue alors une protection naturelle intéressante : son odeur de mouton et sa texture peu agréable en bouche peuvent contribuer à décourager l’abroutissement.
Dans la Forêt des Étoiles, chaque chêne raconte une vie, une force, une présence.
Nous avons donc installé cette laine protectrice de plusieurs façons : fixée sur les bourgeons terminaux, accrochée aux tuteurs ou au sommet des protections, et légèrement mêlée à la paille déjà présente au pied de chaque arbre.
L’intérêt de la laine ne s’arrête pas à son rôle de barrière sensorielle. Fibre naturelle composée majoritairement de kératine, elle est biodégradable et constitue une source d’azote organique. Elle possède aussi une forte affinité pour l’eau. En se dégradant progressivement, elle peut enrichir le sol en matière organique, apporter de l’azote et participer au maintien d’une certaine humidité au pied des plantations. Dans une jeune forêt en développement, où chaque détail compte, cet apport fait sens.
La ferme Noizet, trois générations au cœur du vivant

Notre passage à Aubérive a été aussi l’occasion de mieux découvrir la ferme Noizet dont l’activité agricole repose aujourd’hui sur la polyculture (céréales, oléagineux, betteraves, luzerne) et sur l’élevage ovin, conduit avec une attention réelle portée au bien-être animal ; le troupeau pâture dix mois par an sur des espaces classés Natura 2000 et ZNIEFF.
Cette exploitation ne se limite pas à produire. Elle s’inscrit aussi dans une logique de transmission et de valorisation du vivant. La ferme accueille des visites et propose, selon les périodes et les conditions, différentes approches du monde ovin : découverte de l’exploitation, observation des animaux en pâture, démonstration de chien de troupeau et, à certains moments de l’année, des temps tous particuliers autour des agneaux.
À Aubérive, la laine se transforme et se transmet

Depuis quelques années, la famille Noizet a aussi choisi de donner une seconde vie à une ressource longtemps peu valorisée : la laine. C’est dans cet esprit qu’est née « Poil de la Bêeete », prolongement de la ferme consacré à la transformation de la laine en feutre. Plus qu’une diversification, cette démarche raconte une manière d’élargir le regard sur l’élevage : rien n’est seulement produit, tout peut aussi devenir matière à transmission, à création et à réflexion sur les usages du vivant. Des ateliers autour du feutre sont également possibles en groupe.
Un nouveau lien s’est tissé entre Aubérive et Chenay : grâce à la laine offerte par la ferme Noizet, une part du troupeau de Virgil veille désormais, elle aussi, sur les jeunes arbres de la Forêt des Étoiles.
Ils nous soutiennent

